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Au Grand Bourgtheroulde, hier soir, un homme d’exception !

Au Grand Bourgtheroulde, hier soir, un homme d'exception !

J’étais hier soir au Grand Bourgtheroulde en compagnie des maires de Berthouville, du Bec Hellouin, de Malleville sur le Bec, de Bosrobert et de mon ami Rémi Morainville, maire de Saint-Denis-des-Monts. Pour faire court, nous avons été scotchés, bluffés par un homme d’exception qui avait préparé cette rencontre et qui connaît ses dossiers sur le bout des doigts.

Le format qu’avait choisi le Président de la République – nous étions à quelques mètres de lui – sans filet démontre la capacité de cette homme à conduire notre pays. Comme 70 de mes collègues présents hier soir, j’ai pu m’exprimer, poser une question. Je voudrais aussi remercier Sébastien Lecornu qui a su parfaitement animer la soirée. Et rien n’était préparé à l’exception du 1er tour de questions !

Je vais être franc avec vous. J’évite de parler politique avec vous et je sais que beaucoup d’entre vous n’aiment pas ce Président souvent arrogant. Ce sentiment, je le partage d’ailleurs très largement, surtout quand on est aussi brillant. J’ai voté Macron au 1er et au 2e tour de la Présidentielle, malgré qu’il ne représente pas mes idées. Comme beaucoup d’entre vous, j’ai voté par défaut pour nous éviter le pire. Hier soir, je crois que nous n’avons pas fait d’erreur collective en faisant le choix de ce Président. Pour autant, comme beaucoup de Français, je pense que le pouvoir actuel commet trois erreurs et doit changer de politique !

La 1ère, c’est de croire à une conduite jupitérienne du pouvoir. A l’heure des réseaux sociaux et de Wikipédia, le niveau d’information et de connaissances a considérablement augmenté dans la population. La médiation que représentaient les partis, les médias, les syndicats s’est dissoute. Lors de sa campagne de 2017, Emmanuel Macron l’avait d’ailleurs parfaitement compris. En personnalisant l’action politique du fait de nos institutions archaïques, le Président cristallise toutes les attentes, toutes les frustrations, toutes les colères parfois légitimes. Nous devons d’urgence changer de constitution, réfléchir à une réforme du Sénat, utiliser le référendum sur certains sujets y compris au niveau local. Il y a aussi les questions du tirage au sort, du vote blanc et du vote obligatoire pour lesquels je suis personnellement favorable. La 5e République ne survivra pas longtemps à l’hallali des réseaux sociaux et des infox.

La 2e, c’est de croire que l’économie est le fait de l’entrepreneur « génial » et du 1er de cordée. Des penseurs économiques comme Max Weber ou Joseph Schumpeter ont théorisé une croissance due à des phénomènes culturels – le protestantisme pour l’un – ou au génie de l’innovateur pour l’autre, à l’origine de cycles économiques. Pour autant, la théorie économique et notamment l’apport du keynésianisme ont bouleversé l’orthodoxie des libéraux. Les politiques de stop and go de l’après-guerre ont permis une très grande prospérité. Certes, nous avons changé d’époque : l’informatique et le numérique, le renchérissement et la raréfaction des ressources naturelles sous la double contrainte climatique et démographique ont bouleversé la donne. Le Président, par sa rhétorique permanente sur les 1ers cordées, oublie que la demande reste le moteur de la croissance. La poule ou l’œuf, me direz-vous ! C’est la demande des consommateurs de biens et de services qui valident l’offre des entreprises aussi futile soit-elle. La thèse de notre Président, c’est de nous expliquer qu’il faut « libérer » l’économie. Nous voyons bien aujourd’hui que cette libération entreprise depuis la fin des années 70 a provoqué une paupérisation grandissante des classes moyennes et des riches toujours plus riches.

La 3e, c’est de croire que la croissance passe par les baisses des charges sur les bas salaires. Si je partage le diagnostic du Président sur les carences en qualification d’une grande partie de nos jeunes sortis sans aucun diplôme du système scolaire, les bas salaires se sont imposés tendanciellement aux plus qualifiés d’entre eux. Il n’y a d’ailleurs plus de corrélation, aujourd’hui, entre la qualification, la compétence d’un côté et le salaire, le revenu de l’autre. En exonérant de charges patronales les bas salaires, les gouvernements successifs ont institué une trappe dans laquelle se trouvent piéger nos jeunes. La rhétorique était que les entreprises fassent le choix de l’emploi plutôt que de recourir aux robots. Non seulement cette politique n’a pas réussi à empêcher la robotisation de ces emplois et le développement d’un chômage de masse, mais elle a comme effet de bord d’empêcher l’embauche de nouveaux salariés à des niveaux de revenus tendanciellement au dessus du SMIC. Plutôt que de concentrer les exonérations de charge sur les bas salaires, il serait préférable que cette baisse soit lissée à l’ensemble des salariés, des travailleurs indépendants, à l’ensemble de l’échelle des salaires et des revenus du travail !

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