Fermeture du centre de loisirs du 5 au 23 août : un choix inacceptable

Monsieur le Préfet de l’Eure, Monsieur le sous-Préfet de Bernay,

Le centre de loisirs de Saint-Eloi-de-Fourques fonctionne depuis 10 ans. Il accueille les enfants de notre village ainsi que ceux des communes voisines. Pour la 1ère fois, l’IBTN – hier la CCRCB – a décidé de fermer les centres de loisirs de Saint-Eloi et de Neuville-sur-Authou cet été du 5 au 23 août, pour proposer aux jeunes habitants de notre territoire de regrouper leurs enfants sur Harcourt. Nous avons été prévenus le 2 juillet par un coup de téléphone de la responsable du service, en même temps que les directeurs informaient les parents. Nous avons donc été mis devant le fait accompli et nous tenons à condamner cette méthode extrêmement brutale vis à vis des parents et des élus.

La raison invoquée par un message officiel du Président Gravelle en date du 9 juillet serait la pénurie d’animateurs vacataires, malgré la hausse de 15 euros bruts par jour pour une journée d’animation de 10 h 00. Sur 20 jours, pour 200 heures d’animation, cela représente approximativement 1317 euros net pour le mois, en incluant l’indemnité compensatrice de congés payés. Cela représente un salaire horaire net de 6,59 euros. Le SMIC, pour 140 heures effectuées sur 20 jours, est 1398,69 euros nets, ce à quoi vous devez ajouter 10 % d’indemnité pour congés payés quand il s’agit d’emplois occasionnels. Cela fait 1538,56 euros nets et un salaire horaire net de 10,99 euros. Autrement dit, sur la base du taux horaire, une caissière gagnera près de 67 % de plus qu’une animatrice de centre de loisirs.

Le Président Gravelle nous a rappelé l’effort budgétaire que ces 15 euros représentait, soit 44000 euros sur l’année, en intégrant au passage toutes les autres périodes de congés scolaires, le fonctionnement habituel des centres de loisirs des mercredis. Que représenterait un effort supplémentaire de 66 % sur les salaires des animateurs du mois de juillet et d’août ? Cette solution a-t-elle été chiffrée pour répondre aux besoins des familles de notre territoire ? Cette décision va provoquer de fortes externalités négatives : allongement des temps de trajet sur les routes ; surcoût en matière de carburant ; fatigue supplémentaire pour les enfants et les parents. Mais elle laisse aussi un fort goût d’abandon et de délaissement dont nous avons pu mesurer l’efficacité sur le résultat au 2e tour des élections législatives du 7 juillet : 72 % et 63 % pour le Rassemblement National respectivement à Neuville-sur-Authou et à Saint-Eloi-de-Fourques. Cette décision ne fera que conforter les électeurs de nos villages dans leurs choix.

Nous devrions aussi parler d’attractivité du territoire avec l’incertitude dans laquelle cette décision plonge nos populations. Que se passera-t-il demain, aux vacances d’automne, d’hiver où le service n’a jamais été assuré, de printemps et d’été prochains ? Et les mercredis ? Nous pensons que cette décision est un ballon d’essai pour aller plus loin encore dans le désengagement de l’IBTN sur l’enfance-jeunesse dont les élus de Bernay, de Mesnil-en-Ouche et d’ailleurs ont souhaité nous refourguer la compétence. Il ne peut pas y avoir d’attractivité de notre territoire sans solutions d’accueil de nos enfants. Et la logique voudrait que cette compétence soit prise en charge dans sa totalité par l’IBTN.

Sans concertation, l’IBTN nous a privés d’informations sur ces difficultés de recrutement, en nous mettant devant le fait accompli. J’ose croire que la volonté n’est pas de nous punir après le camouflet subi par la majorité du Conseil communautaire à l’occasion du vote à la majorité qualifiée sur le transfert de la compétence enfance-jeunesse. En allant sur Internet, nous avons cherché en vain les propositions d’emploi déposées par les services de l’IBTN spécifiquement pour cette période de l’été 2024. Cherchez bien : il n’y en a aucune ! Rien dans les réseaux sociaux, sur le site de l’IBTN, la plate-forme Hello Work, Indeed et sur Emploi-Territorial.fr. Comment peut-on trouver du personnel quand on ne le cherche pas ? Pour rappel, l’État et les institutions ont mis près de 300000 euros dans la construction du bâtiment où peuvent être accueillis 32 enfants à Saint-Eloi-de-Fourques. J’ose croire que les services de l’État, Monsieur le Préfet, Monsieur le sous-Préfet seront vigilants à ne pas laisser détruire nos services publics sur notre territoire, comme s’y emploie activement l’IBTN.

Je vous prie de croire, Messieurs, à l’expression de toute ma désolation ainsi que celle de nos habitants.

Denis Szalkowski, Maire de Saint-Eloi-de-Fourques

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