Discours du 14 juillet

Discours du 14 juillet

Souvenez-vous, il y a peu, un homme politique français, face à des policiers, s’était exclamé : « La République, c’est moi« . Aujourd’hui, commémorant le 14 juillet, c’est-à-dire l’avènement de notre République, face à vous, je lui répondrai de là où nous sommes : « La République, c’est nous« . Nous les élus locaux, nous qui avons été négligés par le Président de la République de 2017 à 2019, jusqu’au jour où il a bien fallu qu’il nous prenne un peu en considération. Je me souviens encore de ce 15 janvier 2019, où nous étions à quelques mètres de cet homme qui était confronté à une crise sociale sans précédent. Nous avions vu un homme brillant, hélas plein de ce vide des hommes et des femmes déconnectés de la réalité sociale. Je suis élu local depuis 2001 et je peux vous assurer que, sans nous, sans tout ce temps que nous consacrons aux communs, la vie de nos villages ruraux serait rythmée au son des vers de Pierre Béarn datant de 1968 : « métro, boulot, dodo« .

La République, c’est aussi et surtout vous les responsables et les adhérents des associations de nos territoires qui œuvrent pour les animer, pour tenter de leur donner un supplément d’âme. Merci au club des sans souci, au comité des fêtes, aux associations de parents d’élèves, à En Herbe Citoyen, à Lézarts et les mots et à Tic-Tac pour leur engagement à construire ces interactions sociales dont nous avons la sinistre perception parfois qu’elles se détricotent, sous les coups de boutoir d’un monde atomisé en perte de sens. Il ne faut rien abandonner, ne rien lâcher. Le sens naît du lien et non pas des heures de visionnage de séries sur Netflix, de vidéos Youtube ou de la pratique des jeux vidéo.

La République, c’est aussi les services publics incarnés sur notre territoire par les secrétaires de mairie, les ouvriers communaux, les agents de service, les bibliothécaires, les enseignants, les personnels du périscolaire et du centre de loisirs. Après le transfert souhaité de la médiathèque en 2022, nous aurons bientôt à prendre en charge l’accueil des enfants. C’est une lourde tâche qui nous attend. Nos personnels sont de plus en plus sollicités. Ils font partie du contingent des soldats de la République, aux côtés des élus, des associations. Oui, la République, c’est aussi eux.

La France est une démocratie sociale. Cela signifie que les décisions dans notre pays sont en général coconstruites par l’établissement de consensus entre les organisations syndicales et les partis politiques. Le passage en force de lois refusées par l’immense majorité de la population constitue une menace pour notre pays. La violence inexcusable à laquelle notre pays a été exposé récemment nous montre à quel point le pacte républicain est mis à mal de tous les côtés. Pour la 1ère fois, des jeunes décérébrés s’en sont pris massivement aux écoles, aux médiathèques et à des lieux de culture. Et c’est pourtant dans nos écoles que se joue une grande partie de notre avenir. Mais l’école ne peut pas tout. Elle est là avant tout pour instruire.

Les destructions qu’ont connu les quartiers vont mobiliser d’importants moyens de l’État vers la ville, délaissant une fois de plus nos zones rurales. Je suis inquiet de cette colère froide qui monte dans nos populations, conscientes d’être de plus en plus délaissées par les services de l’État et par les Intercommunalités de plus en plus déconnectées du quotidien. Si les gens viennent dans nos communes rurales, c’est pour fuir les quartiers, les incivilités, pour vivre au calme et en paix, dans un cadre sécurisé, loin du bruit et de la fureur. Cet exode s’est souvent fait au prix d’immenses sacrifices pour de jeunes couples, confrontés à l’explosion des coûts de transport et de l’énergie, à l’inflation des denrées alimentaires.

Ensemble, élus, personnels des collectivités locales, responsables des associations, bénévoles, nous devons travailler ensemble pour tâcher de rendre nos villages accueillants, pour les animer, pour proposer sur le plan culturel.

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