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Fermeture du centre de loisirs du 5 au 23 août : un choix inacceptable

Monsieur le Préfet de l’Eure, Monsieur le sous-Préfet de Bernay,

Le centre de loisirs de Saint-Eloi-de-Fourques fonctionne depuis 10 ans. Il accueille les enfants de notre village ainsi que ceux des communes voisines. Pour la 1ère fois, l’IBTN – hier la CCRCB – a décidé de fermer les centres de loisirs de Saint-Eloi et de Neuville-sur-Authou cet été du 5 au 23 août, pour proposer aux jeunes habitants de notre territoire de regrouper leurs enfants sur Harcourt. Nous avons été prévenus le 2 juillet par un coup de téléphone de la responsable du service, en même temps que les directeurs informaient les parents. Nous avons donc été mis devant le fait accompli et nous tenons à condamner cette méthode extrêmement brutale vis à vis des parents et des élus.

La raison invoquée par un message officiel du Président Gravelle en date du 9 juillet serait la pénurie d’animateurs vacataires, malgré la hausse de 15 euros bruts par jour pour une journée d’animation de 10 h 00. Sur 20 jours, pour 200 heures d’animation, cela représente approximativement 1317 euros net pour le mois, en incluant l’indemnité compensatrice de congés payés. Cela représente un salaire horaire net de 6,59 euros. Le SMIC, pour 140 heures effectuées sur 20 jours, est 1398,69 euros nets, ce à quoi vous devez ajouter 10 % d’indemnité pour congés payés quand il s’agit d’emplois occasionnels. Cela fait 1538,56 euros nets et un salaire horaire net de 10,99 euros. Autrement dit, sur la base du taux horaire, une caissière gagnera près de 67 % de plus qu’une animatrice de centre de loisirs.

Le Président Gravelle nous a rappelé l’effort budgétaire que ces 15 euros représentait, soit 44000 euros sur l’année, en intégrant au passage toutes les autres périodes de congés scolaires, le fonctionnement habituel des centres de loisirs des mercredis. Que représenterait un effort supplémentaire de 66 % sur les salaires des animateurs du mois de juillet et d’août ? Cette solution a-t-elle été chiffrée pour répondre aux besoins des familles de notre territoire ? Cette décision va provoquer de fortes externalités négatives : allongement des temps de trajet sur les routes ; surcoût en matière de carburant ; fatigue supplémentaire pour les enfants et les parents. Mais elle laisse aussi un fort goût d’abandon et de délaissement dont nous avons pu mesurer l’efficacité sur le résultat au 2e tour des élections législatives du 7 juillet : 72 % et 63 % pour le Rassemblement National respectivement à Neuville-sur-Authou et à Saint-Eloi-de-Fourques. Cette décision ne fera que conforter les électeurs de nos villages dans leurs choix.

Nous devrions aussi parler d’attractivité du territoire avec l’incertitude dans laquelle cette décision plonge nos populations. Que se passera-t-il demain, aux vacances d’automne, d’hiver où le service n’a jamais été assuré, de printemps et d’été prochains ? Et les mercredis ? Nous pensons que cette décision est un ballon d’essai pour aller plus loin encore dans le désengagement de l’IBTN sur l’enfance-jeunesse dont les élus de Bernay, de Mesnil-en-Ouche et d’ailleurs ont souhaité nous refourguer la compétence. Il ne peut pas y avoir d’attractivité de notre territoire sans solutions d’accueil de nos enfants. Et la logique voudrait que cette compétence soit prise en charge dans sa totalité par l’IBTN.

Sans concertation, l’IBTN nous a privés d’informations sur ces difficultés de recrutement, en nous mettant devant le fait accompli. J’ose croire que la volonté n’est pas de nous punir après le camouflet subi par la majorité du Conseil communautaire à l’occasion du vote à la majorité qualifiée sur le transfert de la compétence enfance-jeunesse. En allant sur Internet, nous avons cherché en vain les propositions d’emploi déposées par les services de l’IBTN spécifiquement pour cette période de l’été 2024. Cherchez bien : il n’y en a aucune ! Rien dans les réseaux sociaux, sur le site de l’IBTN, la plate-forme Hello Work, Indeed et sur Emploi-Territorial.fr. Comment peut-on trouver du personnel quand on ne le cherche pas ? Pour rappel, l’État et les institutions ont mis près de 300000 euros dans la construction du bâtiment où peuvent être accueillis 32 enfants à Saint-Eloi-de-Fourques. J’ose croire que les services de l’État, Monsieur le Préfet, Monsieur le sous-Préfet seront vigilants à ne pas laisser détruire nos services publics sur notre territoire, comme s’y emploie activement l’IBTN.

Je vous prie de croire, Messieurs, à l’expression de toute ma désolation ainsi que celle de nos habitants.

Denis Szalkowski, Maire de Saint-Eloi-de-Fourques

Discours du 8 mai : Aktion T4

Discours du 8 mai : Aktion T4La guerre de 1939-45 n’a pas été pas le fait de la faiblesse des démocraties, celle du Front populaire ou de l’Angleterre de Chamberlain. Elle est en grande partie le fait de la force de l’imprévisible, comme le soulignait Nassim Nicholas Taleb. Comment, en effet, un pays aussi développé, qu’était à l’époque l’Allemagne, a pu à ce point faire fausse route en choisissant de porter au Reichstag le Parti National Socialiste en 1933 ? Ce sont au total 38 millions de civils qui furent tués par les nazis et leurs alliés jusqu’à l’armistice du 8 mai 1945.

Parmi ces victimes, il y eut plus de 5 millions de juifs dont 3 millions de juifs polonais, 220000 tsiganes, des homosexuels qui subirent la castration forcée, des communistes, des socialistes, des catholiques, des protestants. Je voudrais également évoquer l’extermination des Untermensch – des sous-hommes – selon la rhétorique nazie, des malades mentaux et des handicapés. Sous le terme d’Aktion T4, de 1939 à 1941, avant la mise en place de la solution finale, les nazis procèdent à l’euthanasie de près de 80000 allemands par gazage. Il fallait, selon la prose du régime allemand, atteindre la perfection de la race nordique. Mais, de quelle perfection parlaient ces barbares ? De celle de Goebbels avec son pied bot ?

Les nazis commencèrent à stériliser les êtres dits inférieurs dès 1934. Et, malgré les protestations de la société civile allemande, l’extermination des handicapés continua sans relâche jusqu’en 1945. Au total, ce sont 200000 à 250000 personnes, qui, sous couvert d’eugénisme, ont été assassinées par les nazis et leurs affidés. De nombreux dignitaires du régime responsables de l’Aktion T4 furent condamnés à la peine de mort lors des procès de Nuremberg.

En 1989, Francis Fukuyma nous expliquait que nous étions à la fin de l’histoire, que l’humanité avait atteint son degré de civilisation ultime. Et patatras. En 1994, ce sont 900000 Tutsis qui furent massacrés au Rwanda par les Hutus. N’oublions pas en Europe le massacre de Srebrenica en juillet 1995, où périrent 8000 hommes, parce qu’ils étaient bosniaques. N’oublions pas, non plus, les massacres au Soudan, le génocide des chrétiens Yézidis en Irak ou des Rohingya en Birmanie, des Ouïghours en Chine.

L’engagement des forces russes, américaines, anglaises, canadiennes, australiennes, des résistants français et des autres pays européens, des coloniaux à combattre l’Allemagne nazie est bien loin aujourd’hui de nos vies paisibles, où nous geignons de nos petits tracas insignifiants. Comment remercier ces hommes et ces femmes qui, au sacrifice de leur propre vie, ont voulu préserver notre civilisation, notre humanité face à la barbarie ? Oui, cette humanité passe d’abord par l’acceptation de nos différences, de nos origines, de nos handicaps. Aujourd’hui, face à ces noms inscrits sur le monument de notre commune, morts au front ou dans les camps, nous pensons à leur sacrifice pour notre liberté. Il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais aucune banalité, à l’expression de ce mal absolu qui fut à l’œuvre en Allemagne entre 1933 et 1945.

Denis Szalkowski, Maire de Saint-Eloi-de-Fourques

Financer des usines de traitement de l’eau : seulement en dernier recours !

Après l’extraordinaire mobilisation du Collectif de Boissey le Châtel contre la hausse des prix de l’eau, l’heure est à la récupération politique, là où les élus locaux cherchent à proposer et à trouver des solutions techniques pour éviter l’explosion du prix de l’eau.

Hier, en milieu d’après-midi, un des vice-présidents m’a appelé pour m’indiquer que le Président du SERPN avait décidé de proposer une délibération le 4 avril pour annuler la hausse du prix de l’eau. Bêtement, j’ai publié l’information dont je pensais qu’elle était connue de tous.

Le député Philippe Brun serait, paraît-il, furieux eu lui avoir volé la vedette. Je n’ai volé la vedette à personne et, à titre personnel, je me fous de la gloriole ! En juin 2019, j’ai pris un arrêté pour la protection de la ressource en eau, après avoir été informé par un salarié du SERPN de dépassements récurrents de l’eau brute en pesticides. Pour les nitrates, nous sommes exposés à des hausses tendancielles, qui, toutefois, varient dans l’année. Je n’ai pas attendu l’onction suprême de Philippe Brun qui n’existait pas encore politiquement à l’époque.

Quant à l’engagement de l’État de financer à coups de subventions la 1ère station, sachez que cet engagement ne tiendra pas dans la durée. Il en faudrait 6, peut-être 8. L’investissement est une chose, le fonctionnement en est une autre. L’État ne va pas financer toutes les stations de traitement en nitrates et pesticides sur tout le territoire et dans toute la France. Ce n’est qu’une annonce de principe pour calmer la colère du « bon peuple ». Il y a plusieurs solutions techniques que Philippe Brun semble ignorer.

La 1ère qui n’a pas été présenté aux délégués du SERPN consiste à interconnecter les réseaux de manière à diluer la pollution, de manière à se donner un peu d’air. Compte tenu du niveau actuel de présence des pesticides et surtout des métabolites, j’avoue ma perplexité. Mais cela mérite d’être étudié très sérieusement et c’est en tout cas la proposition de plusieurs élus dont le maire de Tourville-la-Campagne, en pointe sur ce sujet. La 2e solution qui, elle-aussi n’a pas été présentée aux délégués du SERPN, c’est un droit à l’expérimentation qui ne coûte rien à l’État sauf à gonfler les effectifs de la police de l’environnement dépendant de la DDTM, pour contrôler l’effet de ses décisions. Le Préfet a aujourd’hui le pouvoir, compte tenu d’un risque sanitaire lourd sur les populations, d’étendre la distance de protection par rapport aux bétoires et autres ressources à protéger en amont des points de captage. Cette distance est aujourd’hui de 1 mètre. Pourquoi ne pas la passer le plus rapidement possible sur toute la zone du Roumois et du plateau du Neubourg à 3, voire 5 mètres. Et parlons enfin du digestat issu des méthaniseurs qui est épandu autour de points de captage sensible comme celui du Tremblay qu’il serait bon d’éloigner le plus possible.

L’exemple de la station de Sylvains-les-Moulins prouve, au delà d’un souci de calibration de l’usine de dénitrification, que cet investissement réalisé en 2015 n’est plus opérationnel. Les relevés d’eau de l’ARS sur cette zone montrent, 8 années après, un retour à la situation d’avant. En fait, ces usines consacrent un droit à polluer sans remettre en cause l’origine du problème qui est de prendre énergiquement toutes les mesures nécessaires à la protection, en amont, de la ressource en eau. Seuls l’État et le Préfet sont aujourd’hui compétents pour mener ces actions. La balle est dans leur camp. Elles coûtent bien moins cher que les millions d’euros de subventions à déverser pour calmer la colère légitime des habitants !

Denis Szalkowski, Maire de Saint-Eloi-de-Fourques

L’intelligence artificielle au service du cadastre et de l’administration fiscale

L'intelligence artificielle au service du cadastre et de l'administration fiscale

Hier, en épluchant la liste des valeurs locatives qui sera étudiée pour avis à la Commission Communale des Impôts Directs, j’ai découvert deux piscines qui n’ont fait l’objet d’aucune déclaration. Et, à ma connaissance, ces propriétaires n’ont pas été victimes de dénonciation venant d’habitants ou d’informations issues de conseillers municipaux. En téléphonant au cadastre à Louviers, relevant de l’administration fiscale, j’ai demandé à quoi correspondait l’expression « foncier innovant » adossée à ces deux « nouvelles » anciennes piscines.

Le fonctionnaire m’a alors expliqué qu’il s’agissait d’un recours à l’Intelligence Artificielle. J’ai été surpris, ce mois-ci, de la demande par la DGFIP de l’ensemble de nos données d’urbanisme, permis et déclarations préalables. Je suppose qu’à terme, le fisc ne s’embarrassera plus pour attendre la déclaration de fin de travaux. L’intelligence artificielle la fera pour vous. Et c’est à partir de ce formulaire que les travaux concourant à l’amélioration de la valeur locative de votre propriété servent à lever l’impôt et les redevances allant à la commune, l’Interco et les autres collectivités.

Nous vous incitons à déclarer les bâtiments – même démontables – qui n’ont fait l’objet d’aucun permis de construire (surface supérieure à 20 m2) et d’aucune déclaration préalable (- de 20 m2). Vous ne le savez sans doute pas. Vous pourriez être sanctionnés très lourdement au civil et au pénal, la prescription étant respectivement de 3 et de 6 ans. Pour l’instant et heureusement pour ceux d’entre vous – très minoritaires – qui ne respectent pas la loi, l’administration fiscale semble être tolérante. Pour combien de temps encore ?

Et puis, il y a un 2e souci. Pour vendre vos biens, l’acquéreur et le notaire exigent désormais un certificat de non opposition. Or, la Préfecture, par mail, nous a alertés sur le fait que nous ne pouvions pas délivrer un tel certificat si des constructions illégales étaient présentes dans la propriété mise en vente. C’est ainsi qu’un couple a été bloqué durant près de deux ans pour vendre sa maison. Et il a fallu un engagement des propriétaires sur une régularisation dans l’acte de vente – et donc d’achat – pour que la transaction puisse être acceptée par le notaire chargé de la vente.

Dernier élément. L’impôt se calcule à l’aide d’un taux appliqué à une base. Autrement dit, si tout le monde joue le jeu, alors les taux n’augmenteront pas du fait d’un meilleur rendement de l’impôt. Ce n’est pas aux habitants soucieux du respect des lois de payer pour les resquilleurs. Comme vous le savez, les taux communaux sont restés constants depuis 2014, où nous avons dû les augmenter sous la pression de l’abîme financier provoqué par la construction de la salle d’activités et les 48500 euros versés par la commune pour l’espace périscolaire à l’Interco.

Denis Szalkowski, Maire de Saint-Eloi-de-Fourques

Discours du 11 novembre : le rôle des femmes

Discours du 11 novembre : le rôle des femmes

Les femmes ont joué un rôle considérable pendant la guerre. Pendant que les soldats se faisaient massacrer au cours de la bataille de la Marne, sur le Front de la Somme et le Chemin des Dames ou encore à Verdun, c’est aux munitionnettes que l’armée devait ses obus. Les 1ères moissonneuses-batteuses lieuses McCormick font leur apparition au cours de la 1ère guerre mondiale pour aider les 3 millions de femmes ouvrières agricoles, épaulées par des hommes trop faibles ou trop âgées pour aller se battre sur le front. De 1914 à 1918, les femmes auront occupé les emplois de conductrices de tramway, de postières ou encore de balayeuses en bleu de travail. Elles auront aussi pris une place symbolique, à l’image de Sarah Bernhardt. Elle sera exfiltrée dans le bassin d’Arcachon de septembre 1914 à octobre 1915, le ministre de la guerre craignant qu’elle soit faite prisonnière par les Allemands, s’ils venaient à prendre Paris.

Né en 1903 en Grand-Bretagne, le mouvement des suffragettes permettra aux femmes de voter aux élections dès 1918 et ce à partir de 30 ans. Il faudra attendre la fin de la 2e guerre mondiale pour que les femmes obtiennent le droit de vote dans notre pays. Dans les usines, elles se seront battues pour des congés supplémentaires.

Avec 1,4 million de militaires disparus et morts au champ de bataille, avec 1,9 million de blessés par obus et aussi par les gaz utilisés dans les tranchées parmi les 18-65 ans, la France a payé le plus lourd tribut à la guerre. Avec 30 % de population masculine en moins, la France a dû continuer de recourir au travail des femmes pour faire tourner son économie après-guerre. Pour participer à l’effort de guerre, la France a fait appel à 225000 hommes issus de ses colonies venant principalement du Maghreb et de Cochinchine. Parlant de colonies, n’oublions pas aussi ces 81000 coloniaux – souvent envoyés en 1ère ligne – qui sont morts courageusement aux côtés des soldats français ! En France, la population immigrée passera de 2.1 % en 1911 à 6.6 % en 1931. De cette guerre, nous en voyons encore les stigmates aujourd’hui avec tous ces noms d’origine polonaise ou flamande, qui étaient ceux d’aïeux venus labourer les plaines du Neubourg et du Roumois ou extraire le charbon des mines du Pas-de-Calais. La guerre aura profondément bouleversé nos sociétés.

Qui pouvait imaginer qu’en 2022, une autre guerre allait resurgir en Europe selon des modes opérationnels proches de ceux d’une guerre qui eut lieu 108 années auparavant ! Si nous sommes là aujourd’hui, c’est d’abord pour honorer la mémoire de tous ces soldats morts dans les tranchées et aussi de toutes ces femmes, sans qui la France aurait dû attendre de long mois avant de défaire l’armée allemande. Notre présence, c’est aussi notre façon de délivrer un message de paix dans un monde qui en a besoin plus que jamais.

Denis Szalkowski, Maire de Saint-Eloi-de-Fourques

Effet papillon : de Saint-Paul à Saint-Eloi

Effet papillon : de Saint-Paul à Saint-Eloi

Annick, 1ère adjointe au maire, a exprimé au maire de la commune de Saint-Paul-de-Fourques son exaspération à nettoyer la « niche à chiens ». La « niche à chiens », selon l’expression du Président du SDOMODE, Jean-Pierre Delaporte, désigne au niveau de nos points de collecte le container où vous amassez vos cartons que certains – toujours les mêmes – oublient souvent d’écraser et de plier. Hélas, certains n’ont toujours pas compris, par pur incivisme, que ces containers n’étaient réservés qu’aux cartons. Du coup, que ce soit à Saint-Eloi ou à Saint-Paul, nous avons retrouvé des couches d’enfants. C’est l’odeur qui aura alerté les usagers. Merci à toi, Jean-Marie, qui nous en auras débarrassé : tu te reconnaîtras.

Oui, je peux comprendre l’exaspération d’Annick que je salue, la mienne aussi, celle de nos employés communaux chargés de nettoyer les écuries d’Augias laissés par quelques gougnafiers. Nous ne sommes pas là pour ça. Nous n’avons pas à nettoyer cette crasse, cette incurie.

Du coup, nous sommes contraints, au niveau de Saint-Eloi, de demander une 2e niche à chiens pour permettre aux habitants de Saint-Paul d’y mettre leurs cartons. Je voudrais remercier le maire de Saint-Paul-de-Fourques pour une telle décision, aussi courageuse. « Courage, fuyons. » C’est donc désormais la commune de Saint-Eloi qui va recevoir toutes les incivilités venant des habitants de notre propre commune (peu nombreuses heureusement et nous vous en remercions), celles de Bosrobert, de Malleville-sur-le-Bec ou de Saint-Paul-de-Fourques. Car, voyez-vous, dans nos bennes cartons, par fainéantise, certains y déversent allègrement plastiques, polystyrènes, bois, cartonnettes, papiers et toutes sortes d’autres ustensiles.

Systématiquement, pour les récalcitrants, nous faisons des courriers aimables. Ce matin, suite à un courrier une maman est venue nous voir, Eric Fortin et moi, à la salle d’activités pour s’excuser de ne pas avoir respecté les consignes de tri. Nous pouvons tous commettre des erreurs. Le tout est de le reconnaître. Mais, pour les récidivistes du non tri sélectif, tri qui génère pourtant de l’emploi et qui nous fait économiser des impôts inutiles à payer, je vous l’annonce très clairement et très simplement : que vous soyez de Saint-Eloi ou d’ailleurs, vous serez désormais lourdement sanctionnés ! Et j’y mettrai personnellement toute mon énergie. Alors, si vous voulez continuer de salir, de ne pas trier, je vous encourage vivement d’aller ailleurs qu’à Saint-Eloi-de-Fourques. Vous n’y êtes pas les bienvenus.

Cordialement,

Denis Szalkowski, Maire de Saint-Eloi-de-Fourques

Discours du 14 juillet

Discours du 14 juillet

Souvenez-vous, il y a peu, un homme politique français, face à des policiers, s’était exclamé : « La République, c’est moi« . Aujourd’hui, commémorant le 14 juillet, c’est-à-dire l’avènement de notre République, face à vous, je lui répondrai de là où nous sommes : « La République, c’est nous« . Nous les élus locaux, nous qui avons été négligés par le Président de la République de 2017 à 2019, jusqu’au jour où il a bien fallu qu’il nous prenne un peu en considération. Je me souviens encore de ce 15 janvier 2019, où nous étions à quelques mètres de cet homme qui était confronté à une crise sociale sans précédent. Nous avions vu un homme brillant, hélas plein de ce vide des hommes et des femmes déconnectés de la réalité sociale. Je suis élu local depuis 2001 et je peux vous assurer que, sans nous, sans tout ce temps que nous consacrons aux communs, la vie de nos villages ruraux serait rythmée au son des vers de Pierre Béarn datant de 1968 : « métro, boulot, dodo« .

La République, c’est aussi et surtout vous les responsables et les adhérents des associations de nos territoires qui œuvrent pour les animer, pour tenter de leur donner un supplément d’âme. Merci au club des sans souci, au comité des fêtes, aux associations de parents d’élèves, à En Herbe Citoyen, à Lézarts et les mots et à Tic-Tac pour leur engagement à construire ces interactions sociales dont nous avons la sinistre perception parfois qu’elles se détricotent, sous les coups de boutoir d’un monde atomisé en perte de sens. Il ne faut rien abandonner, ne rien lâcher. Le sens naît du lien et non pas des heures de visionnage de séries sur Netflix, de vidéos Youtube ou de la pratique des jeux vidéo.

La République, c’est aussi les services publics incarnés sur notre territoire par les secrétaires de mairie, les ouvriers communaux, les agents de service, les bibliothécaires, les enseignants, les personnels du périscolaire et du centre de loisirs. Après le transfert souhaité de la médiathèque en 2022, nous aurons bientôt à prendre en charge l’accueil des enfants. C’est une lourde tâche qui nous attend. Nos personnels sont de plus en plus sollicités. Ils font partie du contingent des soldats de la République, aux côtés des élus, des associations. Oui, la République, c’est aussi eux.

La France est une démocratie sociale. Cela signifie que les décisions dans notre pays sont en général coconstruites par l’établissement de consensus entre les organisations syndicales et les partis politiques. Le passage en force de lois refusées par l’immense majorité de la population constitue une menace pour notre pays. La violence inexcusable à laquelle notre pays a été exposé récemment nous montre à quel point le pacte républicain est mis à mal de tous les côtés. Pour la 1ère fois, des jeunes décérébrés s’en sont pris massivement aux écoles, aux médiathèques et à des lieux de culture. Et c’est pourtant dans nos écoles que se joue une grande partie de notre avenir. Mais l’école ne peut pas tout. Elle est là avant tout pour instruire.

Les destructions qu’ont connu les quartiers vont mobiliser d’importants moyens de l’État vers la ville, délaissant une fois de plus nos zones rurales. Je suis inquiet de cette colère froide qui monte dans nos populations, conscientes d’être de plus en plus délaissées par les services de l’État et par les Intercommunalités de plus en plus déconnectées du quotidien. Si les gens viennent dans nos communes rurales, c’est pour fuir les quartiers, les incivilités, pour vivre au calme et en paix, dans un cadre sécurisé, loin du bruit et de la fureur. Cet exode s’est souvent fait au prix d’immenses sacrifices pour de jeunes couples, confrontés à l’explosion des coûts de transport et de l’énergie, à l’inflation des denrées alimentaires.

Ensemble, élus, personnels des collectivités locales, responsables des associations, bénévoles, nous devons travailler ensemble pour tâcher de rendre nos villages accueillants, pour les animer, pour proposer sur le plan culturel.

IBTN : une volonté sans faille de détruire le service public

Jusqu’en 2017, les 23 communes du canton de Brionne étaient parvenus à une sorte d’équilibre, même si l’arrivée du chef lieu en 2014 avait changé la donne du fait d’un niveau d’intégration très différent avec les 22 communes rurales.

La fusion des 5 intercommunalités de Bernay, Brionne, Beaumont, Beausmenil et Broglie était avant tout l’expression d’une volonté économique de l’État. En détruisant les perceptions, en transférant la charge de l’urbanisme aux intercos sur fond de numérisation débridée, l’objectif était avant tout de réduire les coûts.

La mise en place de Rousselin en 2017 était là pour nous endormir. Tout changeait sans vraiment changer, même si les 1ers transferts avaient commencé à l’image des terrains multi-sports de Saint-Eloi et de Bosrobert. Pendant ce temps, Gravelle, Vagner, Prévost, Wiener ourdissaient leur prise de pouvoir de 2020 en s’appuyant sur un réseau d’élus de Bernay, de Beaumesnil, de Beaumont et de Broglie. Face à nous, sans expliquer quoi que ce soit de leur projet, Gravelle et Vagner, la maire de Bernay, prenaient la main sur l’IBTN, laissant quelques miettes à Valéry Beuriot et Frédéric Delamare.

En 2016, nous avons reçu un courrier des services de la Préfecture nous indiquant que les compétences liées à l’enfance-jeunesse n’étaient pas saucissonnables. J’ai eu beau alerté les élus locaux. Ils pensaient, à la manière de dindes qu’on engraisse pour Thanksgiving que le pire n’aurait jamais lieu.

Jusqu’en 2029, ce sont les habitants des cantons de Brionne et de Beaumont à fort niveau d’intégration, autrement dit là où les communes ont transféré de nombreuses compétences aux Intercos, qui paient pour les 3 autres.Dans ce contexte, il y a ce projet pharaonique de piscine de Bernay estimé selon les scénarios entre 12 et 15 millions d’euros. Pas un mot sur le coût de fonctionnement de ce nouveau machin ! Alors que nous payons pour la piscine du Neubourg, nos communes vont devoir cracher au bassinet. Double peine donc pour Bosrobert, Saint-Paul-de-Fourques et Saint-Eloi-de-Fourques. Très occupé sur la plan professionnel, je n’ai pas eu le temps de déposer de recours au Tribunal Administratif sur ce point précis. Sachez que je ne me laisserai pas surprendre pour la suite, notamment sur le sujet des attributions de compensation !

Donc, il est désormais question de transférer le périscolaire et les centres de loisirs aux communes. Ce service mis en place en 2013 pour le périscolaire, puis en 2014 pour le centre de loisirs offre aux parents un service de garde de qualité aux parents assuré par l’Interco. Lors du COPIL de jeudi consacré à ce sujet, le Président Gravelle a expliqué que ces deux services allaient être rétrocédés aux communes sur la base de données budgétaires étriquées. L’objectif est clair : transférer la charge de ce service vers des entités incapables de l’assurer dans la durée. Avec une inflation de 6% et des attributions de compensations bloquées, ce seront les communes et donc les administrés qui auront à supporter la charge du service public rendu aux familles. Quid, à terme, de nos écoles dont l’État, avec la complicité imbécile de quelques élus locaux, ne veut plus entendre parler dans nos petites communes !

Notre très bienveillant Président de l’IBTN a même parlé de transférer la charge des gymnases et des accompagnatrices du transport scolaire aux communes ! Nos habitants sont-ils conscients que ces gens sont en train de leur pourrir la vie, rendant à terme impossible le service public dans nos communes rurales ? Pendant ce temps, à chaque coup de pelle sur une zone économique, nous avons droit à un article dans la presse locale à la gloire de ce Président. Fin août dernier, après un bien drôle de coup de fil de Monsieur Choain sur la rétrocession d’une bande de terre de 5 m par Alis à la commune, une habitante de Saint-Eloi m’informait les jours suivant que des travaux étaient en cours en face de l’ancienne auberge de Maison Rouge. Sans que j’en sois informé en tant que maire, Via France était en train de terrasser le domaine public en l’absence d’autorisation de ma part. J’ai exigé que ces travaux s’arrêtent immédiatement. Et depuis, silence radio. Aucune discussion sur l’impact de l’arrivée d’ENCO en terme de trafic routier et de sécurité routière sur la zone économique.

Je dénonce la vision clientéliste de l’exécutif de l’IBTN, de plus en plus éloigné et déconnecté des réalités de nos habitants.

 

Que célébrons-nous le 8 mai ?

En ce 8 mai, nous célébrons tout d’abord la capitulation de l’Allemagne nazie, la victoire des alliés et surtout la fin de la guerre en Europe. Obtenue le 7 mai 1945 à Redon, la fin des combats fut décidée à 23 h 01 le 8 mai 1945. Elle sera effective côté russe le 9 mai à 1 h 01 compte tenu du décalage horaire.

Le 8 mai, c’est aussi la naissance d’une nouvelle société, celle de l’état-providence avec la mise en place d’avancées sociales sans précédent. Créé en mai 1943, le CNR va réunir toutes les forces politiques et syndicales autour de Charles de Gaulle. Les assurances, les banques, les entreprises collaborationnistes furent nationalisées dès 1945, période où fut institué le régime général de la sécurité sociale. Les femmes purent enfin voter, après que le suffrage universel fut rétabli dès 1944. Quant à EDF, l’entreprise vit le jour en 1946. La liste est longue de tous ces marqueurs qui ont construit la société française.

Cette reconstruction de la France s’est inscrite avant tout dans une logique d’intérêt général. Les élites politiques, syndicales, économiques et financières se sont mises au service des classes moyennes et populaires. Croyant en 1940 à la victoire totale de l’Allemagne nazie, elles avaient fait majoritairement le choix de se mettre au service du plus fort. A l’occasion de l’écriture de son livre « Ritournelles pour la fin« , Jean-Marie-Gustave Le Clézio évoquait ce goût singulier des êtres humains pour les hommes forts, et au travers d’eux pour leurs propres petits intérêts.

La guerre, les guerres ne se sont pas arrêtées pour autant après le 8 mai 1945. Il faudra attendre le 14 août, après l’envoi de deux bombes nucléaires par les Américains sur les populations civiles d’Hiroshima et de Nagasaki, pour que le Japon capitule à son tour. Un mouvement de décolonisation profond attisé par la rivalité entre soviétiques et américains aura entraîné des guerres de libération meurtrières, comme celles d’Indochine et d’Algérie, qui furent le cimetière de nombreux soldats français. Les 60 millions de victimes civiles et militaires de la 2e guerre mondiale, dont 26 millions de Soviétiques russes, biélorusses et ukrainiens notamment, n’auront pas suffi à nous faire comprendre l’abjection et l’idiotie de la guerre.

Après la guerre des Balkans de 1991 à 1995 qui a entraîné la dislocation de la Yougoslavie, la guerre du Kosovo de 1998 à 1999, les canons tonnent une nouvelle fois aux portes de l’Union Européenne. Ces guerres d’aujourd’hui sont en grande partie des produits d’une histoire qui n’aura pas permis de résoudre la question des limites territoriales. Comme le disait très justement Régis Debray, nos sociétés ont besoin de repères. Elles ont besoin de frontières.

Comme nous l’ont montré les combattants héroïques de la 2e guerre mondiale, militaires et résistants, la défense de nos valeurs peut nous contraindre à nous battre si nous y sommes aculés. Une société ne peut vivre en paix qu’à la condition que son équilibre social soit respecté, qu’à la condition que les riches ne deviennent pas toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres, faute de quoi elle cherchera à résoudre ses conflits internes en désignant des boucs émissaires. Souvenons-nous que l’effondrement de la République de Weimar et la grande crise économique de 1929 virent Hitler arriver au pouvoir en 1933 et lancer la solution finale en 1942.

Alors, aujourd’hui en ce 8 mai 2023, tâchons de repenser à tous ces hommes, à toutes ces femmes qui se seront battus au péril de leur vie pour construire ce modèle de société dans lequel nous avons la chance de vivre aujourd’hui. Sans solidarité, sans fraternité, les sociétés humaines sont condamnées à la barbarie et à la guerre.

Denis Szalkowski
Maire de Saint-Eloi-de-Fourques

Commémoration du 11 novembre

Henri Barbusse, auteur du roman Le FeuDu calot de la Marne de la fin de l’été 1914 aux chars britanniques utilisés lors de la bataille de la Somme en 1916, les années de guerre virent hélas l’imaginaire humain inventer des armes de destruction de masse. L’avion remplaça très vite le ballon dirigeable. Les canons de 1915 à 1916 doublèrent leur portée passant de 10 km à 26 kilomètres, condamnant la plupart du temps les soldats enterrés dans leurs tranchées à une mort certaine. Et puis, vint le temps de la chimie. Les gaz de combat furent utilisés pour la première fois à Ypres en 1915. L’hypérite – appelé gaz moutarde – provoquait la mort des soldats sur 4 à 5 semaines. Et quand ils ne mourraient pas, ils conservaient des séquelles à vie de l’exposition à ces gaz de combat. C’est sans doute à partir de l’utilisation des gaz dans les tranchées de 14-18 que le caporal Hitler et les nazis eurent l’idée d’employer le zyklon B, un pesticide, dans la mise en œuvre en 1942 de la solution finale. Autrement dit, si l’industrie a contribué à la guerre, la guerre aura aussi façonné l’industrie.

Beaucoup d’écrivains ont voulu nous dire la guerre. Avec « le Feu », Henri Barbusse nous raconta, côté français, son quotidien dans les tranchées de 1914 à 1916. « Un feldwebel est assis, appuyé aux planches déchirées qui formaient, là où nous mettons le pied, une guérite de guetteur. Un petit trou sous l’œil : un coup de baïonnette l’a cloué aux planches par la figure. Devant lui, assis aussi, les coudes sur les genoux, les poings au cou, un homme a tout le dessus du crâne enlevé comme un œuf à la coque… À côté d’eux, veilleur épouvantable, la moitié d’un homme, coupé, tranché en deux depuis le crâne jusqu’au bassin, est appuyé, droit, sur la paroi de terre. On ne sait pas où est l’autre moitié de cette sorte de piquet humain dont l’œil pend en haut, dont les entrailles bleuâtres tournent en spirale autour de la jambe. ». Dans son roman « A l’Ouest Rien de Nouveau » paru en 1929, Eric Maria Remarque, envoyé sur le front en 1917 à l’âge de 19 ans, nous décrit les mêmes scènes d’horreur côté allemand. « Obus, vapeurs de gaz et flottilles de tanks : choses qui vous écrasent, vous dévorent et vous tuent. Dysenterie, grippe, typhus : choses qui vous étouffent, vous brûlent et vous tuent. La tranchée, l’hôpital et le pourrissoir en commun : il n’y a pas d’autres possibilités. »

Le cinéma a cherché aussi à nous montrer la guerre. Il y eut « Les sentiers de la gloire » de Stanley Kubrick, dont l’objet fut de nous dire toute l’imbécilité du commandement militaire français. La dernière adaptation du roman d’Erich Maria Remarque par le réalisateur Edward Berger nous montre comment des officiers allemands ont continué de sacrifier leurs propres soldats entre la signature de l’armistice du 11 novembre 1918 à 5 h 30 et l’heure du cessez-le-feu fixé à 11 h 00 ce même jour. N’oublions pas le magnifique film d’Albert Dupontel, « Au revoir, là-haut » qui traite du sujet de toutes ces 15000 gueules cassées d’après-guerre.

J’ai eu la chance de voir les crayons que le peintre Marcel Delaunay, alors au service des infirmeries de l’armée, a pu réaliser des soldats blessés. J’y ai vu des hommes qui avaient la conscience de leur destin, comprenant qu’ils étaient en sursis. J’y ai vu la terreur, l’incompréhension des raisons de cette barbarie, de ce carnage. La guerre de 14-18 aura fait au total 9 millions de morts.

Parler de cette grande guerre où des Saint-Eligiens et tant de Français sont morts en masse est une nécessité. Et peu importe la manière dont nous le faisons ! Nous avons vis à vis de tous ces soldats un devoir de mémoire permanent.

Denis Szalkowski, Maire de Saint-Eloi-de-Fourques